L'ère de Staline
Industrialisation forcée, famine, Terreur, puis la victoire de 1941-1945 : un quart de siècle rendu sans euphémisme ni réquisitoire.
Vainqueur de la lutte pour le pouvoir, Staline lance à la fin des années 1920 l'industrialisation à marche forcée et la collectivisation des campagnes, présentées comme la survie d'un pays encerclé : « nous avons cinquante ou cent ans de retard, il faut le combler en dix ans ». Les réquisitions provoquent en 1932-1933 une famine massive, en Ukraine (Holodomor) et au Kazakhstan notamment, qui fait des millions de morts. Le caractère intentionnel de cette famine demeure débattu entre historiens.
À partir de 1937-1938, la Grande Terreur frappe le Parti, l'armée et la société : arrestations, procès, exécutions et déportations au Goulag. Les archives soviétiques recensent environ 681 700 exécutions pour ces deux années ; d'autres estimations, plus hautes, restent discutées. L'État dévore alors les siens, au-delà de toute logique de défense du pays.
L'invasion allemande de 1941 ouvre la « Grande Guerre patriotique ». Le siège de Leningrad, Stalingrad, Koursk : l'effort et les pertes du peuple soviétique — de l'ordre de vingt-sept millions de morts — pèsent lourd dans la défaite du IIIᵉ Reich. La victoire de 1945 nourrit un culte du chef qui se durcit jusqu'à la mort de Staline, en 1953.