Dégel, stagnation et perestroïka
L'Ordre se regarde à demi, les dissidents portent une autre voix, et un dirigeant refuse de tenir par le sang : l'URSS se défait.
En 1956, Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline dans un « rapport secret » au congrès du Parti : c'est le Dégel. La même main qui s'ouvre au-dedans écrase la révolte de Budapest en 1956, puis le Printemps de Prague en 1968. Sous Léonid Brejnev, l'URSS atteint la parité nucléaire mais s'enfonce dans la « stagnation » — économie figée, encadrement idéologique, intervention en Afghanistan à partir de 1979.
Une autre voix se fait entendre : celle des dissidents. L'écrivain Alexandre Soljenitsyne révèle l'univers du Goulag, le physicien Andreï Sakharov défend les droits de l'homme, et la presse clandestine du samizdat fait circuler textes et témoignages interdits. La catastrophe de Tchernobyl, en 1986, fissure le mensonge d'État.
Arrivé au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev engage la perestroïka (restructuration) et la glasnost (transparence). Lâchant prise sur l'Europe de l'Est en 1989 sans recourir à la force, il voit l'édifice se défaire plus vite qu'il ne l'avait voulu. En décembre 1991, l'Union soviétique cesse d'exister.