Guerres et révoltes médiévales
Peste, révolte écrasée et guerres dynastiques : le royaume se déchire de l'intérieur, et la voix des pauvres ne survit que par la bouche de leurs vainqueurs.
La Peste noire, qui atteint l'Angleterre vers 1348-1349, emporte une large part de la population et bouleverse l'ordre social. En 1381, la révolte des paysans embrase le sud du pays : le prédicateur John Ball, à qui l'on prête la formule « quand Adam bêchait et Ève filait, où était alors le gentilhomme ? », est pendu le 15 juillet 1381, et le meneur Wat Tyler poignardé à Smithfield. La révolte est matée, ses chefs exécutés.
À l'écart du monde des hommes de pouvoir, l'ancresse Julian de Norwich reçoit vers 1373 ses visions et en tire les Revelations of Divine Love : le plus ancien livre en langue anglaise survivant dont on sache qu'il fut écrit par une femme. Son vrai nom demeure inconnu ; son œuvre — « tout ira bien » — porte une espérance endurante à travers la peste et la révolte.
La guerre de Cent Ans contre la France et, à partir de 1455, la guerre des Deux-Roses entre les maisons d'York et de Lancastre ensanglantent le siècle. Des batailles comme Towton broient des combattants sans nom. La victoire d'Henri Tudor à Bosworth en 1485 met fin à la querelle dynastique et ouvre l'ère des Tudors.