La naissance du Parlement
Le consentement à l'impôt fait monter la voix des Communes — au moment même où il finance et négocie l'expulsion d'une minorité.
Sous Édouard Iᵉʳ (1272-1307), le besoin d'argent du roi rend nécessaire le consentement à l'impôt. Le « Parlement modèle » de 1295 — étiquette donnée a posteriori — réunit barons, clergé et représentants des comtés et des villes. La représentation naissante se construit autour d'un échange : la Couronne obtient des subsides, le royaume fait entendre ses griefs.
Ce même mécanisme a un prix. Le Statute of the Jewry de 1275 interdit aux Juifs le prêt à intérêt, leur impose un insigne et les confine, organisant leur asphyxie économique. En 1290, l'Édit d'expulsion bannit définitivement les Juifs d'Angleterre — première expulsion de ce type en Europe — et le Parlement accorde en contrepartie à Édouard la plus lourde taxe du Moyen Âge.
Le règne s'emploie aussi à soumettre le pays de Galles et l'Écosse, par la guerre et la construction de châteaux. La déposition d'Édouard II par le Parlement en 1327 fixe un précédent : une assemblée peut défaire un roi — précédent réinvoqué contre Richard II en 1399.