Les Plantagenêts et la Grande Charte
Des barons lient un roi par écrit — pour les seuls hommes libres — et la charte est aussitôt répudiée, ouvrant la guerre civile.
Le 15 juin 1215, à Runnymede, les barons révoltés contraignent le roi Jean à sceller la Magna Carta. Sa clause 39 protège le seul liber homo : « nul homme libre ne sera arrêté ni emprisonné… si ce n'est par le jugement légal de ses pairs ou par la loi du pays ». Les villeins, qui forment la majorité de la population, en sont textuellement exclus ; les femmes n'y reçoivent qu'un statut très limité.
La charte ne pacifie rien : le pape Innocent III l'annule en dix semaines, et la première guerre des Barons éclate. Couronné enfant en 1216, Henri III voit la charte rééditée par nécessité en 1216, 1217 puis, dans sa version définitive, en 1225, en échange d'un impôt.
Sous Henri III, Simon de Montfort mène la révolte baronniale et convoque en 1265 une assemblée réunissant chevaliers et bourgeois des villes, souvent tenue pour une origine du Parlement. Mais il s'agit d'une arme de guerre, non d'un principe démocratique : Montfort sert aussi son propre pouvoir, et il est tué à Evesham la même année.