La Démocratie jacksonienne
Le peuple ordinaire entre par effraction dans le palais présidentiel — pendant qu'on arrache les Natifs à leur terre.
Élu en 1828, Andrew Jackson incarne l'élargissement du suffrage aux hommes blancs sans condition de propriété. Son investiture de 1829 voit la foule populaire envahir la Maison-Blanche. Il défend l'Union lors de la crise de la nullification (1832-1833) et mène la « guerre de la Banque » contre le pouvoir financier concentré.
La même présidence signe l'Indian Removal Act (1830) et ignore l'arrêt Worcester v. Georgia (1832) rendu en faveur des Cherokees. La déportation forcée — la Trail of Tears (1838-1839) — fait des milliers de morts. L'extension de la démocratie pour les uns s'accompagne de l'arrachement des autres.
Les successeurs affrontent la panique de 1837, l'affaire Amistad (1839-1841) où le vieux John Quincy Adams plaide pour la liberté des captifs, puis l'expansion : annexion du Texas (1845), guerre du Mexique (1846-1848), ruée vers l'or. Chaque acre gagné devient un futur champ de bataille moral.