L'Empire au XIXᵉ siècle
Apogée patriotique et premières fêlures : la victoire de 1812, la révolte écrasée de 1825, l'émancipation des serfs de 1861.
Sous Alexandre Iᵉʳ, l'invasion napoléonienne de 1812 culmine dans la bataille de Borodino et l'incendie de Moscou ; la retraite désastreuse de la Grande Armée fait de la Russie la puissance qui a brisé Napoléon. À la mort d'Alexandre en 1825, des officiers gagnés aux idées libérales rapportées d'Europe se soulèvent en décembre : la révolte des décembristes est écrasée, ses chefs pendus ou envoyés au bagne en Sibérie.
Nicolas Iᵉʳ referme alors l'État : police politique, censure, et la triade « Orthodoxie, Autocratie, Nationalité » formulée en 1833. La guerre de Crimée (1853-1856), perdue, révèle le retard de l'Empire et précipite le besoin de réforme. Son successeur Alexandre II l'entreprend.
En 1861, Alexandre II abolit le servage : des dizaines de millions de paysans sont émancipés. Mais la réforme reste à demi — rachat de la terre étalé sur des décennies, parcelles rognées —, et la déception nourrit un mouvement révolutionnaire. L'organisation Narodnaïa Volia (« la Volonté du peuple ») le frappe : le 1ᵉʳ mars 1881, Alexandre II est tué par une bombe à Saint-Pétersbourg. Son fils Alexandre III répond par la réaction.